Quelle temporalité pour l'analyse d'une spéculation foncière ? : L'haussmannisation de la rue de la République à Marseille

Résumé : Au moment de sa percée d'inspiration haussmannienne sous le Second Empire comme aujourd'hui, la rue Impériale devenue rue de la République est inscrite dans un projet d'aménagement de l'articulation entre ville et port à Marseille. L'actuel projet, baptisé « Euroméditerranée », s'étend sur 313 hectares de la gare Saint-Charles au fort Saint-Jean, et jusqu'à Arenc. Il s'agit de requalifier un grand secteur urbain, où vivent près de 30 000 habitants et travaillent plus de 20 000 personnes. Ce projet est une opération d'aménagement articulée au développement économique de nouvelles activités, avec la réalisation de 500 000 m2 de bureaux sur 15-20 ans, la création de 6 000 logements neufs et la réhabilitation de 7 000 logements, la création de commerces et d'équipements. L'objectif est l'implantation d'entreprises privées à vocation principalement tertiaire et internationale2. Il vient plus de cent ans après les opérations de construction menées dans le quartier de la Joliette, d'Arenc et du Lazaret par Paulin Talabot (docks) et par Jules Mirès puis Émile Pereire (immeubles résidentiels). Dans les deux cas, il s'agit d'orienter la ville vers les bassins portuaires de la Joliette, de « tirer » les beaux quartiers vers des espaces qui, en 1860, viennent d'être créés, gagnés sur la mer à l'occasion de la construction du port moderne, ou qui, aujourd'hui, viennent d'être libérés par la disparition de certaines activités en lien avec le port. L'essentiel du commerce maritime se fait désormais par Fos et les échanges de marchandises qui continuent de passer par Marseille peuvent être cantonnés dans les bassins du nord, laissant les bassins du sud au développement du trafic des voyageurs vers la Corse et vers le sud de la Méditerranée qui ne requiert pas tant d'infrastructures en arrière des quais. Dans les deux cas, il s'agit de construire un nouveau quartier résidentiel et économique en lien aussi avec la gare de chemin de fer, qui date de 1848 et dont le réaménagement est imposé pour accueillir le nouveau trafic dû à l'extension de la ligne TGV. Entre ces deux grandes intentions politiques de valorisation du site et quel que soit leur degré de réussite, la rue, sur plus d'un siècle, sert de résidence à des habitants qui y trouvent, selon leurs aspirations et selon les époques, une adresse plus ou moins recherchée.
Mots-clés : Urbanisme
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Contributor : Sylvie Mazzella <>
Submitted on : Monday, October 26, 2015 - 5:39:13 PM
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Pierre Fournier, Sylvie Mazzella. Quelle temporalité pour l'analyse d'une spéculation foncière ? : L'haussmannisation de la rue de la République à Marseille. Les Cahiers du Centre de recherches historiques, 2001, pp.173-188. ⟨10.4000/ccrh.1523⟩. ⟨hal-01220542⟩

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