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La dynamique des langues créoles dans l'espace plurilingue de l'Océan Indien : réflexions écolinguistiques

Résumé : Les espaces insulaires créolophones des Mascareignes (Maurice, Réunion, Rodrigues) et des Seychelles s'inscrivent dans une zone plurilingue où se côtoient, suivant la terminologie de Calvet (1999), une langue hyper centrale (l'anglais), des langues centrales (l'arabe et le français) et des langues moins puissantes. C'est ce «système écolinguistique dans lequel les langues se multiplient, se croisent, varient, s'influencent, sont en concurrence […] » (Calvet 1999 : 35), que je voudrais aborder dans cette contribution. Il s'agira donc de décrire l'environnement socioéconomique et ethnographique dans lesquels évoluent les langues dans l'Océan Indien, ce que S. Mufwene (2001) nomme l'external ecology. Je voudrais, tout d'abord, esquisser à grands traits les pratiques plurilingues de cette zone Sud-Ouest de l'Océan Indien. Puis, j'aborderai la dynamique des langues créoles dans les principales formations sociales de cet espace ; pour des raisons écolinguistiques, j'examinerai en priorité l'espace défini par les « îles soeurs », La Réunion et Maurice. J'essaierai de montrer les relations particulières des langues créoles de l'Océan Indien avec leurs environnements écolinguistiques respectifs. J'essaierai enfin, de caractériser les confrontations et conflits linguistiques qui traversent les formations sociales de cette zone. La question de la « transmission » qui structure ce volume apparaîtra dans cette contribution sous quatre dimensions liées :-l'extinction de certaines langues et les questions de « loyauté linguistique » ainsi engagées ;-l'émergence de langues nouvelles, en l'espèce les langues créoles de la zone ;-les rapports de domination symbolique entre langues centrales et langues périphériques ;-la migration des langues et la migration des hommes dans le cadre de la mondialisation. Dans cette contribution, il apparaîtra que l'on peut envisager la transmission du conflit. Les conflits interlinguistiques qui seront abordés dans cet article concernent des pratiques langagières communicatives, mais également des représentations sociales et des imaginaires linguistiques. Ils engagent des grandeurs institutionnelles – les activités d'aménagement linguistique de l'état et de groupes et associations constitués – et quelques agents et appareils de socialisation : l'école, les médias et les institutions économiques. Ces confrontations interlinguistiques sont à la source de significations sociales, d'une sémantique sociale, qui se structurent différemment dans les différentes formations sociales évoquées. Elles sont façonnées par ces formations sociales et alimentent, en retour, le flux des significations sociales qui les tissent. Les situations de conflits linguistiques sont une composante des écosystèmes linguistiques qu'il convient d'analyser. Elles exercent, à n'en point douter, des influences importantes sur la vie culturelle, économique et sociale des territoires de l'Océan Indien.
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https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-01795573
Contributor : Joëlle Lavaud <>
Submitted on : Friday, May 18, 2018 - 3:42:44 PM
Last modification on : Wednesday, May 30, 2018 - 1:19:08 AM
Long-term archiving on: : Monday, September 24, 2018 - 2:12:19 PM

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Véronique Reu Octobre 2016.pdf
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  • HAL Id : hal-01795573, version 1

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Georges-Daniel Veronique. La dynamique des langues créoles dans l'espace plurilingue de l'Océan Indien : réflexions écolinguistiques. Staudacher – Valliamee, G. Langues, cultures et transmissions : dynamiques créoles, Université de la Réunion, Epica Editions, pp.15-27, 2017. ⟨hal-01795573⟩

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