N. De-préférence, En revanche, ils portent, sous leurs chandails, des médaillons en forme de carte de la Turquie, de croissant de lune dans lequel s'insère une étoile à cinq branches, ou encore, pour les Alévis, en forme de « zülfikâr 27 ». S'ils sentent bien que les liens avec le pays d'origine se détendent au fur et à mesure, ils affichent néanmoins un drapeau turc ou un portrait de Mustafa Kemal dans leurs chambres. Ils adoptent une identité nouvelle : celle des Turcs « de l'extérieur ». Elle se caractérise par sa privatisation, parfaitement exprimée dans cette phrase souvent répétée : « Dehors, dans la rue, je vis comme tout le monde, mais chez moi, je vis comme un Turc. » Parce qu'elle a réincorporé une sphère privée, cette identité semble être mise à l'abri de toute corruption extérieure, elles demeurent, pour les migrants de la première génération, le symbole de la masculinité par excellence : « Un homme sans moustache c'est comme une maison sans balcon ; les gens préfèrent les maisons avec balcon. » Aussi les pères insistent-ils pour que leurs fils ne se rasent pas trop tôt, lors de la puberté

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, Résumé Chez les migrants turcs de Strasbourg, la moustache n'est pas uniquement un signe de virilité, elle indique aussi, par les formes qu'elle prend, divers engagements religieux et politiques. Plus généralement, les pratiques et les représentations liées à la pilosité semblent être autant de marqueurs identitaires, si bien qu'en les parcourant il est possible d'effectuer une lecture transversale de ces différentes identités turques vécues en situation d'immigration. Entrées d'index Index de mots-clés : identité, immigration, pilosité, Turcs Index by keyword : body hair