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Caractéristiques du cimetière français hérité du XIXe siècle 

Résumé : Le cimetière français actuel résulte d’une législation élaborée pour l’essentiel au XIXe siècle, le décret du 23 prairial an XII (1804), l’ordonnance du 6 décembre 1843 et les lois de la IIIe République. Il résulte aussi de l’évolution des pratiques, qui a d’ailleurs relativement influencé la législation. Le cimetière appartient au domaine communal et sa police relève du maire. Des exceptions existent (cimetières « nationaux » et « consistoriaux ») mais l’exploitation par une entreprise privée n’est autorisée que pour les crématoires et leurs annexes. Le cimetière privé, familial ou conventuel, est un héritage historique désormais. Le principe fondamental d’une inhumation pour une durée de cinq ans suivie de la reprise de l’emplacement avec dépôt des restes à l’ossuaire et nouvelle inhumation, posé par le décret de prairial, qui sous-tendait le calcul théorique de la superficie d’un cimetière, a été tôt perturbé par le développement de formes nouvelles de rapports aux morts, dans des cimetières désormais ouverts à la visite : la multiplication des concessions à durées variées a gelé des surfaces parfois importantes et rendu complexe la gestion de l’enclos. De plus, le christianisme est le seul monothéisme à admettre l’exhumation systématique. Des compromis ont dû être trouvés dès le XIXe siècle pour le judaïsme et à la fin du XXe pour l’Islam. Sur le modèle du Père-Lachaise, les cimetières ont été viabilisés et plantés. Mais l’augmentation de la population urbaine et la multiplication des concessions a conduit à une rationalisation et une densification croissante des emplacements d’inhumation. Est né un paysage spécifique, de plus en plus minéral et morne. La recherche de cimetières paysagers, pourtant initiée par le Père-Lachaise, n’a été que tardivement reprise. Les cimetières ont été confessionnels de 1804 à 1881. Leur « neutralisation » à partir de cette date n’a pas toujours été effective en des sites biconfessionnels marqués. Le cimetière est aussi, par les signes, symboles et statues des tombeaux, un espace où se lit une expression des appartenances religieuses ou philosophiques sans équivalent dans le paysage urbain. Le cimetière hérité du XIXe siècle constitue désormais une réalisation collective fragile et menacée. Sa prise en compte patrimoniale est encore très réduite et la réflexion sur sa conservation et son renouvellement reste ponctuelle.
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https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-02550854
Contributor : Maxence Blayer <>
Submitted on : Wednesday, April 22, 2020 - 3:25:52 PM
Last modification on : Thursday, April 23, 2020 - 1:47:03 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02550854, version 1

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Citation

Régis Bertrand. Caractéristiques du cimetière français hérité du XIXe siècle . Nicolas Weyder; Stéfan Tzortzis; Anne Richier; Laetitia Lantéri; Hervé Guy. Rencontre autour de nos aïeux. La mort de plus en plus proche, GAAF, pp.83-88, 2019, Publication du Gaaf, 978-2-9541526-5-3. ⟨hal-02550854⟩

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