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Le non(m)-dit comme source vivante du texte et de son sens. Les blancs dans les textes révélés ne constituent-ils pas la condition herméneutique d’un véritable dialogue interreligieux ?

Résumé : Le non(m)-dit comme source vivante du texte et de son sens. Les blancs dans les textes révélés ne constituent-ils pas la condition herméneutique d'un véritable dialogue interreligieux ? Le fondamentalisme-ou le littéralisme-supposent un texte plein, une communication directe, immédiate et plénière entre dieu(x) et hommes. Comme si tout pouvait être dit et transmis dans le texte, y compris l'absolu, le divin, la Vérité. Tout texte peut en effet aisément fasciner, se voir entouré d'une aura quasi magique ou surnaturelle, en donnant à croire qu'il contient tout en lui, qu'il a tout dit, qu'il a enserré la réalité dans une signification qui en rend compte pleinement, de a à z, de l'alpha à l'oméga : n'est-il pas la plénitude du sens ? Cela est vrai en philosophie, mais aussi en sciences, et bien sûr dans les religions ou dans certaines idéologies politiques... Tout cela s'effondre s'il s'avère que le texte n'est pas total-porté par une évidence parfaite et apodictique ou apocalyptique 1-, mais qu'il reste lacunaire, traversé de vides et de blancs qui mettent son sens en attente-et le rendent ainsi discutable, ouvert à la discussion. Or la médiation d'un texte comme support de révélation suppose toujours des blancs : le blanc borde et porte le texte comme la mer borde et porte un navire. Pas de signe possible en effet sans un fond(s) sur lequel il se détache et qui lui permet de faire sens, alors que lui-même n'a pas a priori de sens : il permet l'émergence du sens par contraste, sans jamais se réduire à lui ou se fondre en lui. Le littéralisme vise donc en fait à détruire le texte et son mode propre de fonctionnement et d'invitation au sens-ce que la tradition juive appelle le midrach-, pour le dépasser en le réduisant à une évidence totale, apocalyptique, où le blanc se voit totalement capté par le texte et sa stratégie de sens. Une telle évidence totale ne respecte pas le texte et sa complexité interne, puisqu'elle cherche à remplacer son invitation au travail du sens par une vision définitive censée amener à une fusion finale avec le divin. Renoncer au littéralisme devient dès lors ipso facto la condition de possibilité de tout dialogue interreligieux sincère, puisque chaque religion, en rejetant le littéralisme, renonce en fait à la possession d'un sens total, d'une vérité plénière… Pourtant ce blanc à même le texte reste fragile, car il peut être incorporé au texte et n'être vu que comme une modalité du texte et de sa production de sens, et donc comme une stratégie du texte et de son sens. Il est alors capté par le texte, réduit au texte et à ses modalités propres d'émergence au sens, au point de disparaître comme blanc, comme silence, comme au-delà du sens qui en appelle au sens…
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https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-02910911
Contributor : Edouard Robberechts <>
Submitted on : Monday, August 3, 2020 - 11:58:33 AM
Last modification on : Tuesday, September 1, 2020 - 3:32:09 AM

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  • HAL Id : hal-02910911, version 1

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Edouard Robberechts. Le non(m)-dit comme source vivante du texte et de son sens. Les blancs dans les textes révélés ne constituent-ils pas la condition herméneutique d’un véritable dialogue interreligieux ?. 2020. ⟨hal-02910911⟩

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