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Cinéma et papillons encadrés. Petit manuel d'entomologie filmique

Résumé : écrit par Jean-Michel Durafour le 7 janvier 2020 En apparence, tout oppose le cinéma et ces surannés papillons encadrés fleurant bon les atmosphères poussiéreuses et l'esprit bourgeois d'appropriation dans lequel Roland Barthes avait reconnu, à l'occasion d'un texte sur Jules Verne, « un moment dialectique dans l'asservissement général de la Nature [1] » : épinglés, nomenclaturés, transformés en décoration d'intérieur. Il aura fallu, à la suite de la publicité des nouvelles thèses zoologiques d'Alfred Russel Wallace ou Charles Darwin, la démocratisation de l'activité du naturaliste dans l'Angleterre de la Révolution industrielle-mélangée de luttes théologiques sérieuses-pour que « l'aurélisme » (du nom latin qui désigne dans la langue de Shakespeare la chrysalide du papillon) se répande, avec ses collections et ses images en tous genres, aquarelles ou gravures, comme un feu de brousse dans toutes les couches de la société (revues, clubs) [2]. Longtemps les insectes n'avaient été vus que comme des petites bêtes nuisibles et superflues qui n'intéressaient que quelques savants un peu toqués (Thomas Muffet, G. H. Borowski, C. W. Hahn). Les choses sont, comme souvent au cinéma, un peu plus subtiles. Nos petits cadres en viendront vite ainsi à vectoriser, par-delà bien des contradictions, des puissances d'invention figurative éminentes. Ne pourrait-on d'emblée les rapprocher des boules à neige ou autres bateaux en bouteille de Walter Benjamin (Sens unique, Une enfance berlinoise) : énergies visualisantes ? Car cela est peut-être, du bout des doigts, ce qui transparaît dans certaines aussi de ses lettres : un paradigme pour les arts de la vue. Ce que l'on peut voir de tous les côtés augmente la vision ; ce que l'on peut manipuler, mais dont on ne peut pas toucher les images ; ce qui finalement reste inaccessible tout en étant si offert à la vue. N'est-ce pas, dans ces objets mêlant la nostalgie de l'enfance à l'esprit de mauvais goût, rien moins que la définition même de l'aura qui serait en jeu ? Cadres ornementaux (le cadre dans le film) Le premier régime d'intervention cinématographique du cadre à papillons est-comme on s'en doute-le moins enthousiasmant. Dans cette économie, il ne prend à sa charge aucune stratégie visuelle particulière. En voici deux
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https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-03205414
Contributor : Jean-Michel Durafour <>
Submitted on : Thursday, April 22, 2021 - 12:05:30 PM
Last modification on : Friday, April 23, 2021 - 3:28:07 AM

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Cinéma et papillons encadrés...
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  • HAL Id : hal-03205414, version 1

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Jean-Michel Durafour. Cinéma et papillons encadrés. Petit manuel d'entomologie filmique. Débordements, http://debordements.fr, 2020. ⟨hal-03205414⟩

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