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"Premier Alcibiade, Cratyle, Philèbe: des dialogues sans cadre?"

Abstract : La réflexion sur la forme dialogue occupe une place toujours plus importante dans l'herméneutique platonicienne. Mais cette réflexion n'a pas suscité d'analyse systématique des lieux des dialogues. L'article de K. A. Morgan [« Plato », dans Space in Ancient Greek Literature : Studies in Ancient Greek Narrative, Irene J. F. de Jong, éd., Leiden/Boston, Brill, 2012, p. 415-437], ¬¬– qui aborde la question de l'espace chez Platon –, ne s'intéresse ni exclusivement ni exhaustivement à la spatialisation des dialogues ; l'auteur cherche des catégories opératoires pour rendre compte de la pluralité des indications spatiales. De fait, dans les dialogues, la mention d'un lieu peut renvoyer à des objets très différents : le cadre et les déplacements des interlocuteurs, l'organisation projetée de l'espace politique, la topographie de l'Hadès dans le récit du voyage de l'âme après la mort, etc. C'est ce foisonnement référentiel que cherche à contenir K. A. Morgan par l'invention des rubriques : « Settings », « Socrates' World », « Socrates and Athens », « Spatial Ellipsis and Socratic Stillness », « Eschatology and Beyond » et « Political Geographies ». Mais cette catégorisation de l'espace pose plusieurs problèmes méthodologiques. D'abord, K. A. Morgan ne restitue pas le millefeuille des indications spatiales à l'intérieur d'un même dialogue. Ensuite, les procédés de citation des lieux et leur inscription dans le dialogue sont éludés. Or, la distinction entre dialogue et récit, entre dialogue direct et dialogue rapporté, est importante pour comprendre la caractérisation de l'espace. Enfin, l'auteur semble hésiter sur son objet. Deux questions distinctes entrent en concurrence, notamment dans « Socrates' World » : d'une part, la question du cadre du dialogue – « setting » –, d'autre part, celle des lieux que fréquente Socrate. En focalisant son analyse sur Socrate, K. A. Morgan banalise la localisation des dialogues : les dialogues ont majoritairement pour cadre Athènes, – et plus particulièrement la ville d'Athènes (ἄστυ), car Socrate est Athénien de naissance et par mission divine. Cette focalisation pose un second problème : l'enjeu n'est plus de comprendre la fonction du cadre dans la forme dialogue, mais la dimension symbolique de tel ou tel espace que fréquente Socrate. La présente étude est beaucoup plus réduite que celle de K. A. Morgan : elle s’intéresse au cadre des dialogues directs et se demande s’il est des dialogues que l'on situe au mieux quelque part (à Athènes). C’est ce qui explique le choix de trois dialogues caractérisés par Debra Nails [The People of Plato, A Prosopography of Plato and Other Socratics, Cambridge/Indianapolis, Hackett Publishing Company, 2002 : Appendix I : Dramatic Dates, Settings, Characters and Style, p. 307-330] comme « sans cadre » (« without setting ») : le Premier Alcibiade, le Philèbe et le Cratyle. La question initiale est celle de la localisation de ces dialogues, mais l’enjeu de l’étude est de montrer qu’ils ont une spatialisation qui ne se réduit pas au nom du lieu où ils se situent.
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https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-01469798
Contributor : Anne Balansard <>
Submitted on : Thursday, February 16, 2017 - 5:27:28 PM
Last modification on : Tuesday, January 29, 2019 - 10:03:31 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01469798, version 1

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Citation

Anne Balansard. "Premier Alcibiade, Cratyle, Philèbe: des dialogues sans cadre?". Jean-Pierre De Giorgio, Françoise Laurent, Françoise Le Borgne. Espace-temps du dialogue littéraire, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2016, 978-2-84516-740-7. ⟨hal-01469798⟩

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